CHAPTER 1: Le parchemin des ombres
Part 1
📜 **Mon chalet ancestral m’a été volé par ma belle-famille — mais le document qu’ils ont brandi cachait un secret si ancien que même la gendarmerie a refusé d’intervenir.**
J’ai juste voulu réparer le volet du vieux chalet de ma défunte femme.
Trois jours plus tard, j’ai trouvé les parents de mon gendre en train de vider mes souvenirs, affirmant que la propriété leur appartenait désormais.
Ils ont brandi un document avec la signature de ma femme, censé avoir été apposé il y a six mois.
Mon avocate m’a dit que c’était le début d’un problème bien plus grand et plus sombre.
Le soleil tapait fort sur le vieux toit d’ardoise.
Jean-Luc Dubois serra la clé dans sa main.
Cela faisait trois ans qu’Évelyne était partie.
Trois ans que ce chalet, leur refuge estival, restait presque silencieux.
Il avait promis de s’en occuper.
De réparer ce volet grinçant que le vent avait arraché.
Un pas sur le gravier, et une voiture stationnée devant la porte d’entrée le figea.
Ce n’était pas la sienne.
Il approcha, le cœur battant.
La porte était grande ouverte.
Des voix montaient de l’intérieur.
Des voix qu’il connaissait trop bien.
“Pascale ? Gérard ? Que faites-vous ici ?”
Pascale Valois, la mère d’Antoine son gendre, apparut dans l’encadrement.
Son visage impérieux portait une expression de calme presque effrayant.
Derrière elle, Gérard, son mari, portait une caisse remplie de livres d’Évelyne.
Des souvenirs.
“Jean-Luc,” dit Pascale, sa voix dure comme le granit local.
“Nous nous occupons du chalet.”
Jean-Luc sentit une bouffée de colère.
“Vous vous occupez de quoi ? De vider ma maison ?”
Gérard posa la caisse et croisa les bras.
Son regard était aussi inexpressif que la pierre.
“Votre maison ?” Pascale esquissa un sourire dédaigneux.
“Non, Jean-Luc. C’est *notre* chalet maintenant.”
Le sang de Jean-Luc ne fit qu’un tour.
“Comment osez-vous ? C’est la propriété d’Évelyne ! C’est la maison de ma fille, Sophie, à terme !”
Pascale tendit un rouleau de parchemin jauni.
Il était orné de symboles étranges, tracés à l’encre noire et rouge.
Des arabesques, des cercles entrelacés qu’il ne comprenait pas.
L’encre elle-même semblait vibrer, comme si elle était vivante.
“Ce document,” expliqua Pascale d’une voix posée, “atteste que la propriété nous a été léguée.”
Jean-Luc saisit le parchemin, le froissant presque dans sa fureur.
Il y avait une signature au bas.
Celle d’Évelyne.
Et une date.
Six mois plus tôt.
“C’est une fraude !” cria Jean-Luc, sa voix tremblante.
“Évelyne est morte il y a trois ans ! Elle n’a rien pu signer !”
Pascale haussa un sourcil.
“Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent, Jean-Luc.”
Jean-Luc sortit son téléphone.
Ses doigts tremblaient en composant le numéro de la gendarmerie.
“Un vol. Un cambriolage,” lança-t-il dans l’appareil, se raccrochant à la seule réalité qu’il connaissait.
“Ils essaient de me voler ma maison avec un faux document !”
Les Valois restèrent immobiles, impassibles.
Ils le regardaient, leurs visages sans aucune trace d’émotion.
Vingt minutes plus tard, une voiture de gendarmerie s’arrêtait sur le chemin de terre.
Deux gendarmes en uniforme sortirent, leurs visages marqués par la chaleur.
Jean-Luc s’élança vers eux.
“Mon gendre et sa mère ! Ils prétendent que le chalet leur appartient !” expliqua-t-il avec véhémence.
“Avec ça ! Un faux ! Regardez la date !”
Le gendarme le plus âgé, le Capitaine Laurent, prit le parchemin des mains de Jean-Luc.
Il le déroula soigneusement, l’examinant à la lumière du soleil.
Son expression passa de la curiosité à une forme de perplexité, puis à une gêne palpable.
L’autre gendarme, plus jeune, se pencha également.
Ses yeux s’écarquillèrent légèrement en voyant les symboles.
“C’est… particulier,” murmura le Capitaine Laurent.
Il se tourna vers les Valois.
Pascale lui adressa un léger hochement de tête.
“Une histoire de famille, Capitaine,” dit-elle.
“Une tradition ancienne.”
Le Capitaine Laurent soupira.
Il rendit le parchemin à Jean-Luc.
“Monsieur Dubois,” commença-t-il, sa voix étonnamment douce.
“Ce document… ce n’est pas un acte notarié conventionnel.”
“Mais c’est une preuve de propriété frauduleuse !” insista Jean-Luc.
“C’est plus compliqué que cela,” répondit le gendarme, évitant son regard.
“Cela relève de… de traditions locales très spécifiques. Des arrangements qui dépassent notre juridiction.”
“De quoi parlez-vous ?” demanda Jean-Luc, incrédule.
“Ce sont des voleurs ! Ils sont en train de vider ma maison !”
Le Capitaine Laurent échangea un regard avec son collègue.
“Monsieur Dubois, nous ne pouvons pas intervenir dans ce genre d’affaire. C’est… hors de notre portée.”
Il fit un signe de tête à son gendarme, et tous deux remontèrent dans leur véhicule.
La voiture fit demi-tour et s’éloigna sur le chemin poussiéreux, laissant Jean-Luc stupéfait.
Les Valois restèrent silencieux, leurs visages impassibles.
Jean-Luc sentit le parchemin rugueux sous ses doigts.
Il relut la date, six mois plus tôt, et la signature d’Évelyne.
Impossible.
Il regarda les Valois.
Leurs yeux semblaient le défier.
Il était seul.
Et le chalet, avec ses secrets inattendus, l’avait piégé dans une énigme que personne ne voulait résoudre.
Part 2
Les Valois restèrent immobiles.
Pascale me toisa, un léger sourire aux lèvres.
« Vous n’avez rien compris, Jean-Luc. »
Gérard me regarda fixement.
« Évelyne connaissait l’importance du gardien du seuil. »
« Il faut protéger l’équilibre, » ajouta Pascale, sa voix grave.
Le mot « seuil » résonna étrangement.
Ce n’était pas une simple escroquerie.
Je les regardai s’éloigner vers leur voiture, emportant une dernière caisse de ce qui avait été nos souvenirs.
La nuit tomba.
Le chalet était vide de leur présence, mais lourd d’une tension nouvelle.
Je tentais de me raccrocher à quelque chose de concret.
Au moins, réparer ce volet.
En cherchant mes outils dans le salon, mon regard s’arrêta sur la vieille cheminée condamnée.
Une brique semblait légèrement descellée.
La curiosité l’emporta.
Je l’écartai.
Une petite cachette apparut derrière.
À l’intérieur, un journal intime jauni et une petite amulette étrange.
Le journal était celui d’Évelyne.
Mes doigts tremblaient en tournant les pages.
Elle y parlait de « son fardeau », d’un « seuil à protéger ».
Puis, je lus les mots : « pacte ancestral ».
Avec une famille dont le nom me fit tressaillir : Valois.
Chapitre 2: L’héritage murmure
Je n’arrivais pas à croire ce que je venais de lire dans le journal d’Évelyne. Mon monde, déjà ébranlé par sa mort, basculait dans l’étrange. Les paroles des Valois sur le “gardien du seuil” résonnaient dans ma tête.
J’ai appelé Maître Fournier, espérant qu’elle aurait une explication légale pour ce parchemin et ces symboles.
“Maître, c’est encore Jean-Luc,” dis-je, ma voix plus rauque que je ne l’aurais voulu.
Elle m’a écouté attentivement, mais sa réponse fut inattendue.
“Monsieur Dubois, dans notre région, certaines affaires immobilières ont des racines… profondes.”
Elle m’a donné un numéro de téléphone, griffonné sur une petite carte, sans me regarder dans les yeux.
“Contactez Madame Giselle,” a-t-elle poursuivi.
“C’est une spécialiste des cas… insolites.”
Je sentais une pointe de condescendance dans sa voix, comme si mon problème était trop bas pour la légalité.
Elle a ajouté que le “droit” local pouvait être “étonnamment ancien”, bien plus que le code civil.
Ses mots m’ont laissé un sentiment d’isolement total, comme si la justice ordinaire avait fermé la porte. J’ai serré la carte dans ma main, le nom de Madame Giselle me brûlant les doigts.
Quel genre de spécialiste pouvait régler ce que je percevais de plus en plus comme un conflit surnaturel ?
Chapitre 3: Les silences du gendre
Je ne pouvais pas garder ce fardeau seul. Ma fille, Sophie, devait savoir. Je l’ai appelée, espérant qu’elle aurait une explication.
“Papa, je… je ne sais pas,” a-t-elle murmuré au téléphone.
Sa voix sonnait désespérée, elle évitait le sujet du chalet et des Valois. J’ai senti son refus de m’aider comme une petite trahison.
Je savais qu’Antoine, mon gendre, était plus proche de ses parents. C’est vers lui que je me suis tourné, un soir, alors qu’il venait voir Sophie.
“Antoine, qu’est-ce qu’il se passe vraiment avec tes parents et le chalet ?”
Il a hésité, le regard fuyant, sa main serrant nerveusement le bord de la table.
“Mes parents… ils sont obsédés par une vieille prophétie,” a-t-il fini par avouer, d’une voix à peine audible.
“C’est une histoire de ‘gardien du seuil’.”
Il a baissé les yeux, honteux de ce qu’il s’apprêtait à dire.
“Le chalet n’est pas un chalet ordinaire, Papa. C’est un lieu de passage entre les mondes.”
Il m’a regardé, l’air suppliant.
“Mes parents ont toujours cru que la famille d’Évelyne était la lignée des gardiens.”
Un frisson glacial a parcouru mon échine. Évelyne, ma femme, avait mené une vie secrète que je n’aurais jamais pu imaginer.
Chapitre 4: L’ombre de Giselle
Le lendemain, j’ai appelé Madame Giselle. Sa voix était posée, presque imperturbable. Elle accepta de venir au chalet sans poser de questions.
Elle est arrivée en fin d’après-midi, une femme âgée aux cheveux blancs tirés en chignon. Son regard perçant semblait voir au-delà des apparences.
Je commençais à lui expliquer les découvertes du journal d’Évelyne, mais elle m’a coupé d’un geste de la main.
Elle n’a pas dit un mot de mes explications.
Elle a parcouru les pièces du chalet, ses doigts effleurant les murs anciens, comme si elle lisait les secrets incrustés dans la pierre. Elle s’est attardée longuement dans le sous-sol, son visage impénétrable.
Son silence était plus lourd que toutes les paroles. Elle ne s’intéressait pas à mon histoire, seulement à l’objet de mon problème.
Puis, sans un mot, elle s’est agenouillée devant une section de la dalle en pierre. Elle a écarté quelques débris.
“C’est un point d’énergie concentrée,” a-t-elle déclaré d’une voix grave.
“Le seuil entre les mondes.”
Elle a montré une dalle en pierre sculptée, qui émettait une faible lumière bleue, presque imperceptible. Des gravures murales indéchiffrables apparaissaient maintenant, révélées par l’éclat surnaturel. Son ton était purement factuel, dénué de toute émotion pour l’impact que cela avait sur moi, comme si elle décrivait une pierre ordinaire.
Chapitre 5: La méfiance du curé
Avec la révélation du seuil, une peur nouvelle s’est emparée de moi. J’avais besoin de conseils, peut-être même de réconfort, d’une autorité plus… normale.
J’ai décidé d’aller voir le Père Damien, le prêtre du village, un homme respecté et connu pour sa sagesse. Son église était un havre de paix habituel.
Je lui ai raconté l’histoire du chalet, le parchemin, et ce que j’avais découvert sur le “seuil”.
Le Père Damien, assis derrière son bureau, m’a écouté, mais son regard était fuyant. Il tapait nerveusement ses doigts sur la table.
“Mon fils,” a-t-il dit, sa voix pleine de malaise.
“Certains équilibres ne doivent pas être dérangés. Ces vieilles histoires… ce sont de pures superstitions.”
Il a fait un geste de la main, me faisant sentir que mes préoccupations étaient ridicules.
“Laissez ce chalet aux Valois. Ne vous mêlez pas de ces affaires. Cela pourrait déranger la paix.”
Son attitude évasive et sa peur visible m’ont choqué. Le Père Damien, d’ordinaire si bienveillant, m’a renvoyé avec une fermeté étrange. Il a même évité mon regard, comme s’il me considérait désormais avec suspicion, un coup bas inattendu dans une communauté que je croyais connaître.
Chapitre 6: Céleste, l’apprentie hésitante
La méfiance du Père Damien m’a encore plus isolé. Mais un soir, un message anonyme est apparu sur mon téléphone : “Venez au vieux moulin à minuit. Seul.” Mon cœur a battu la chamade.
J’y suis allé, rempli d’appréhension. Une jeune femme, le visage pâle et les mains tremblantes, m’attendait.
C’était Céleste Moreau, l’apprentie des Valois.
“Monsieur Dubois,” a-t-elle murmuré, jetant des regards furtifs autour d’elle. “Je… je ne peux plus garder le silence.”
Elle m’a confié que les Valois préparaient un rituel pour “sceller” le seuil de force.
“Ils croient qu’Antoine l’a réveillé involontairement en touchant la porte du chalet,” a-t-elle expliqué.
La peur dans ses yeux était palpable, et elle se frottait les bras comme si elle avait froid.
“Leur interprétation des anciens textes est imparfaite. Ce rituel pourrait provoquer une catastrophe.”
Elle a reculé, ses lèvres tremblant légèrement.
“Je ne peux pas en dire plus. Mes maîtres sont… ils sont très puissants.”
Son attitude de terreur m’a montré à quel point les Valois la dominaient, me faisant comprendre la gravité de ce que je devais affronter.
Capitule 7: Le pacte mal interprété
Les révélations de Céleste m’ont assommé. J’ai immédiatement contacté Madame Giselle et Maître Fournier pour les informer. Nous nous sommes retrouvés dans la cuisine de mon appartement en ville, l’ambiance lourde.
“Le parchemin n’est pas un acte de propriété,” a commencé Madame Giselle, posant le vieux document sur la table.
“C’est un pacte millénaire, un accord entre deux lignées pour protéger le seuil.”
Maître Fournier a hoché la tête, ajoutant : “Les Valois ont mal interprété le texte.”
Elle a expliqué qu’ils croyaient que le pacte leur donnait l’autorité sur le seuil.
“En réalité,” a repris Madame Giselle, “il s’agissait d’un accord pour assister la véritable lignée gardienne.”
Elle a pointé du doigt une section du parchemin que je n’avais pas comprise. La signature d’Évelyne, qui semblait si légale, n’était qu’un signe.
“Votre femme n’a pas transféré la propriété,” a-t-elle dit.
“Sa signature était un appel à l’aide. Ou une condition.”
Cette nouvelle tournure des événements a retourné l’estomac. Les Valois avaient si grossièrement déformé le sens des derniers gestes d’Évelyne, piétinant sa mémoire sous le poids de leur ambition.
Chapitre 8: Le choix d’Évelyne
Après les révélations de Madame Giselle, je savais qu’il fallait approfondir le journal d’Évelyne. J’ai demandé à Céleste de venir m’aider à déchiffrer les passages les plus ésotériques.
Nous étions assis à la table du chalet, le journal ouvert entre nous. Céleste a pointé du doigt une écriture fine, presque illisible.
“Elle ne vous a jamais parlé du seuil parce qu’elle voulait vous protéger de ce fardeau,” a-t-elle murmuré, traduisant le texte.
Un froid m’a saisi. C’était une vérité déchirante, un sacrifice que je n’avais jamais perçu.
Puis Céleste a continué, son doigt traçant les symboles du parchemin que les Valois avaient utilisé.
“La ‘signature’ d’Évelyne… ce n’était pas un transfert.”
“C’était un sceau spirituel.”
Elle a expliqué que ma femme l’avait activé pour indiquer qu’elle ne pouvait plus être la gardienne. Mais elle avait insisté pour que la transmission se fasse en respectant le “libre arbitre” du prochain gardien.
Les Valois l’avaient activé par erreur, croyant qu’il leur donnait le contrôle. Cette révélation m’a empli d’une tristesse profonde, comprenant l’ampleur du sacrifice silencieux de ma femme et la manipulation de ses dernières volontés.
Chapitre 9: Le miroir des âmes
La compréhension du sacrifice d’Évelyne a ravivé mon désir de la protéger. Je suis retourné au sous-sol avec Céleste, le regard fixé sur la dalle du seuil.
Céleste s’est penchée sur les gravures, son front plissé de concentration. Elle a tracé du doigt les symboles complexes, puis a pointé une inscription latine.
“Le seuil n’est pas seulement un passage,” a-t-elle déclaré, sa voix basse.
“C’est un miroir des âmes.”
Elle a levé les yeux vers moi, ses yeux emplis d’une gravité nouvelle.
“Il est capable de se lier à l’esprit de son gardien.”
J’ai senti mon sang se glacer.
“L’esprit d’Évelyne est intrinsèquement lié au chalet.”
“Il peut être manipulé, ou même détruit si le seuil est forcé.”
L’horreur de la situation m’a frappé de plein fouet. Les Valois ne cherchaient pas seulement à prendre le chalet, mais à effacer la présence de ma femme. C’était une attaque directe contre sa mémoire, contre ce qui restait d’elle. Je devais agir vite, non seulement pour récupérer le chalet, mais pour protéger son âme.
Chapitre 10: L’ultimatum des Valois
La menace pesant sur l’esprit d’Évelyne m’a rempli d’une urgence froide. Nous devions savoir ce que les Valois tramaient.
Céleste, grâce à ses connaissances, a intercepté un message destiné au Père Damien. C’était une lettre des Valois.
Ils l’exhortaient à “purifier” le chalet avec des rituels ancestraux.
“Ils veulent affaiblir la présence d’Évelyne,” a expliqué Céleste, le message à la main.
“Et imposer leur volonté sur le seuil.”
Le message révélait une cruauté insoupçonnée. Les Valois étaient persuadés qu’Évelyne était devenue une entité qui s’opposait à leur “juste cause”. Ils la déshumanisaient, réduisant son essence à une “présence” indésirable.
Le Père Damien était piégé, pris entre sa foi et la pression de cette famille influente. Je réalisais que l’affrontement direct était inévitable. Mon sang bouillonnait. Ils allaient tenter d’effacer Évelyne, une dernière insulte à sa mémoire.
Chapitre 11: La dernière nuit du chalet
Le message intercepté était clair : les Valois préparaient leur coup final. L’annonce a été faite dans le village : un “rituel de purification” aurait lieu le soir même au chalet.
Ils avaient invité toute la communauté. Cela transformait mon drame personnel en un spectacle public, une ultime humiliation.
Maître Fournier, Madame Giselle, Céleste et moi avons mis au point notre intervention. La précision était essentielle.
La nuit est tombée, une obscurité lourde et oppressante. Les villageois, poussés par la curiosité ou la superstition, ont commencé à se rassembler devant le chalet.
Des silhouettes se découpaient dans l’obscurité, leurs murmures portés par le vent froid. J’ai senti la présence d’Évelyne plus forte que jamais. Elle était là, attentive, dans les murs de cette maison qui était la sienne.
C’était la dernière nuit où le chalet serait le théâtre de leur tromperie.
Chapitre 12: Le rituel interrompu
Le chalet était bondé. Les Valois se tenaient devant le seuil, éclairés par des bougies vacillantes. Le Père Damien, le visage pâle, assistait au rituel, visiblement mal à l’aise.
Pascale Valois, d’une voix forte et autoritaire, a commencé à réciter d’anciennes incantations. Elle s’apprêtait à prononcer la clause finale de “possession”.
Un sourire de triomphe flottait sur ses lèvres, comme si la victoire était déjà acquise.
Au moment critique, Céleste s’est avancée, le parchemin original dans ses mains tremblantes. Sa voix, bien que fébrile, a coupé net les paroles de Pascale.
“Attendez !” a-t-elle crié.
Elle a déplié le document et a pointé une autre section, un addendum spirituel oublié.
“Évelyne n’a pas transféré la propriété,” a-t-elle lu à haute voix. “Elle a initié un ‘Rituel de la Graine’, confiant la *responsabilité* du seuil à Jean-Luc.”
Elle m’a regardé, puis les Valois, dont les visages s’étaient figés.
“Pas sa possession,” a-t-elle ajouté.
Chapitre 13: La peur des Valois
Le silence qui a suivi les paroles de Céleste était assourdissant. Pascale Valois était livrée, son visage de triomphe s’effondrant en une expression de choc et de fureur.
Céleste a levé la voix, s’adressant aux villageois et aux Valois.
“Ils n’étaient pas cupides,” a-t-elle révélé. “Ils étaient terrifiés.”
Elle a expliqué que c’était Antoine qui avait accidentellement réveillé une entité endormie.
“En utilisant le code de la porte du chalet,” a-t-elle précisé.
Les Valois, horrifiés, cherchaient désespérément à “sceller” le seuil.
“Ils voulaient protéger Sophie et son futur bébé d’une influence maléfique.”
Elle a montré les Valois du doigt.
“Ils ont forcé la main d’Évelyne, croyant faire le bien, mais leur peur les a aveuglés.”
Gérard Valois, d’ordinaire si impassible, tremblait visiblement, son visage ravagé par la honte. Leur image de sagesse et de piété s’était brisée en un instant devant tous.
Chapitre 14: La voix d’Évelyne
Les Valois étaient démasqués, leur terreur exposée. Les villageois chuchotaient, leurs regards passant de Céleste aux Valois abattus.
Soudain, une lueur bleutée, douce mais distincte, a émané de la dalle du seuil. Elle a pulsé, éclairant les visages sidérés.
Une voix faible, à peine un murmure, a résonné dans le silence du chalet.
“Jean-Luc.”
C’était Évelyne. J’ai senti une chaleur étrange m’envahir.
“C’est toi que j’ai choisi,” a-t-elle continué, sa voix réconfortante.
“Pas les Valois.”
Elle a expliqué qu’elle les avait guidés vers le pacte pour que je découvre la vérité à mon propre rythme. Elle voulait que j’accepte la charge de mon propre chef, par choix.
“La clause oubliée était un test pour toi, mon amour.”
Les Valois étaient anéantis. Pascale Valois a laissé échapper un sanglot étouffé, son visage déformé par la défaite. La validation d’Évelyne était la goutte de trop.
Chapitre 15: Le fardeau accepté
Le rituel était brisé. Le halo bleu s’est estompé, et les villageois, troublés par ce qu’ils avaient vu et entendu, ont commencé à se disperser dans un silence respectueux.
Madame Giselle s’est avancée, son regard perçant balayant la pièce.
“Vous êtes le gardien, Jean-Luc,” a-t-elle dit, sa voix sans appel.
Maître Fournier a confirmé d’un hochement de tête.
C’était une responsabilité lourde et permanente. Les Valois, humiliés et brisés, restaient figés.
“Vous avez fait une erreur d’interprétation,” a déclaré Madame Giselle, s’adressant à eux.
“Vous allez désormais assister Monsieur Dubois.”
Leurs visages étaient des masques de soumission forcée, leur pouvoir réduit à néant. Ils étaient devenus les serviteurs involontaires de la véritable lignée gardienne.
Antoine et Sophie, soulagés que le pire soit évité, mais aussi visiblement effrayés par l’héritage complexe de leur famille, sont venus vers moi. Je les ai serrés dans mes bras.
Chapitre 16: Deux ans plus tard, la cuisine
Deux ans plus tard. Je me tiens dans ma cuisine, une tasse de café chaud entre les mains. Des bocaux d’herbes séchées, suivant les conseils de Madame Giselle, ornent le rebord de la fenêtre.
Par la fenêtre, je vois la vie calme du village. Les rires de Sophie et Antoine montent de la cour.
Ils sont venus visiter avec leur enfant, Évelyne, une fillette de six mois qui gazouille dans les bras de sa mère. Elle porte le nom de sa grand-mère.
Je me penche pour caresser les cheveux doux de ma petite-fille. Le fardeau d’Évelyne est devenu le mien, mais je l’ai accepté.
Je me suis adapté à ma nouvelle vie de gardien, apprenant à vivre avec le mystère. Je prends le journal d’Évelyne, qui est devenu mon manuel, mon guide.
“C’est elle, la patronne de la maison maintenant,” murmure Sophie en entrant, désignant sa fille.
“Et la vôtre aussi, Papa.”
Je souris. Le véritable héritage n’est pas ce que l’on possède, mais ce que l’on choisit de protéger, même quand son poids menace de vous engloutir.
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