La petite fille de ma gouvernante a sauvé ma vie en dénonçant le parfum de mort dans mon café, révélant la trahison de ma cousine et le secret familial lié au décès de son père.

CHAPTER 1: L’Herbe du Sommeil Éternel

Part 1

☕ Sa petite fille a dénoncé le parfum de la mort dans mon café — Révélant une trahison ancestrale au sein de ma propre famille.

Je venais de m’asseoir pour ma tasse de café du matin, un rituel immuable.

C’est alors que Léa, la petite fille de ma gouvernante, est entrée et a frappé ma main, faisant déborder la tasse.

« Monsieur Gérard, ce café… il sent bizarre », a-t-elle murmuré, les yeux grands et effrayés.

« Ça sent comme le médicament que mon papa prenait, celui qui l’a fait dormir pour toujours. »

Un frisson glacé m’a parcouru l’échine, bien plus froid que l’humidité matinale de mon vieux manoir, car le père de Léa, mon loyal intendant, était mort d’une attaque mystérieuse il y a six mois.

Le café brûlant s’est répandu sur la table en acajou patiné.

Une petite flaque sombre a maculé un parchemin ancien, posé là par mégarde.

« Léa, que dis-tu ? » ai-je demandé, ma voix plus tendue que je ne l’aurais voulu.

La fillette, les yeux encore rivés sur la tasse, a secoué la tête.

« C’est une odeur… très spéciale. »

Elle a pointé son petit doigt vers la vapeur.

« Elle est… froide. »

Froide.

Ce mot m’a frappé avec une force inattendue.

Ce n’était pas une simple association d’enfant.

Léa n’avait que six ans, mais sa perception était parfois d’une justesse déconcertante.

Je me suis penché sur la tasse renversée.

L’arôme âcre du café s’est mêlé à une autre fragrance, ténue, presque imperceptible pour un nez ordinaire.

Mais pas pour le mien.

Non, pas pour les Montaigne.

Mon grand-père, un homme austère et énigmatique, m’avait initié, adolescent, aux anciens grimoires de notre lignée.

Des volumes poussiéreux, cadenassés, remplis de savoirs interdits.

Des remèdes.

Des poisons.

Des purges de lignée.

Le terme résonnait dans mon esprit.

« Herbe du Sommeil Éternel ».

Une plante rare, aux propriétés insidieuses, mentionnée dans les chapitres les plus sombres de notre histoire.

Elle ne tuait pas d’un coup.

Elle endormait, lentement, inexorablement, jusqu’à ce que le cœur lâche, simulant une fin naturelle.

Exactement comme Louis, le père de Léa, était parti.

« Monsieur Gérard ? » a demandé Annelise, ma gouvernante, entrant dans la pièce, alertée par le bruit de la tasse.

Elle a vu le désordre et le visage pâle de sa fille.

« Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Léa, qu’as-tu fait ? »

Annelise a essayé de ramasser les tessons de la tasse brisée.

J’ai posé une main ferme sur la sienne.

« Non. Ne touche à rien. »

Son regard s’est levé vers le mien, empli d’incompréhension et d’une pointe d’inquiétude.

« Léa, tu es sûre de l’odeur ? » ai-je demandé à nouveau, ignorant Annelise.

Léa a hoché la tête avec gravité.

« Oui, comme papa. Quand il dormait, il sentait comme ça. »

Le souvenir de Louis, mon fidèle intendant, m’a transpercé.

Il était dévoué corps et âme à la famille Montaigne.

Sa mort avait été un coup dur.

Maintenant, les paroles de Léa peignaient une image terrifiante.

Si cette « Herbe du Sommeil Éternel » était impliquée, cela signifiait une seule chose : un acte délibéré.

Et pire encore, un acte interne.

Un traître parmi nous.

Seuls quelques-uns, au sein de la famille Montaigne, connaissaient ces poisons ancestraux et leurs usages.

Des secrets transmis de génération en génération, pour protéger, ou pour… « épurer ».

Ma gorge s’est nouée.

Le café n’était pas un accident.

Louis n’était pas mort d’une attaque naturelle.

J’ai regardé la flaque sombre sur la table.

Quelqu’un avait tenté de me faire rejoindre Louis.

La haine, la froideur de cette intention, m’a glacé le sang.

Mon regard s’est posé sur les portraits ancestraux accrochés aux murs.

Des visages sévères, silencieux, témoins de siècles de secrets et d’intrigues.

Qui, parmi ceux que je considérais comme ma chair et mon sang, aurait une telle connaissance ?

Une telle cruauté ?

Le silence lourd du manoir a été brisé par le strident retentissement d’une sonnerie.

Mon téléphone.

Je l’ai attrapé, mes doigts serrés.

C’était Maître Dubois, mon avocat et consigliere, d’une voix pressante.

« Monsieur Gérard, une effraction. Au mausolée familial. »

Mon cœur a manqué un battement.

Le mausolée.

Le sanctuaire de nos morts.

« Discrète, mais une effraction tout de même. »

« On a retrouvé une vieille clé brisée près de l’entrée. »

Une clé.

Maître Dubois a continué, la voix légèrement essoufflée.

« Rien ne semble manquant… pour l’instant. Mais c’est une perturbation étrange. »

Le mausolée était un lieu sacré, scellé, connu de peu.

Le briser, c’était un affront, mais aussi… une recherche.

Quelqu’un cherchait-il quelque chose ?

Ou laissait-il un message ?

J’ai regardé le café renversé.

Puis ma main, tremblante.

Qui, dans mon cercle intime, aurait à la fois la connaissance de l’« Herbe du Sommeil Éternel », l’accès à mon manoir, et la capacité d’outrager le mausolée de nos ancêtres ?

Part 2

Mon sang bouillonnait.

Je n’ai pas perdu un instant.

Mes pas m’ont mené directement au petit bureau de Louis.

C’était son sanctuaire, un lieu de désordre organisé.

Je l’ai fouillé avec une détermination nouvelle.

Derrière une fausse planche, un compartiment secret est apparu.

À l’intérieur, j’ai trouvé des notes cryptiques griffonnées.

Elles parlaient du « venin du serpent ».

À côté, une photo déchirée.

Elle montrait Émilie, ma cousine, se tenant devant la crypte familiale.

Dans ses mains, elle tenait une plante très spécifique, aux feuilles dentelées et aux fleurs violettes.

Mon souffle s’est coupé.

Le lendemain matin, une enveloppe discrète était glissée sous la porte d’entrée.

Elle ne portait aucune adresse, aucun nom.

Je l’ai ouverte d’une main tremblante.

À l’intérieur, il y avait de vieilles coupures de journaux.

Elles dataient d’une dizaine d’années.

Elles décrivaient la disparition mystérieuse d’un botaniste excentrique.

Cet homme avait été le mentor du père d’Émilie.

Il était connu pour ses étranges recherches sur les plantes toxiques.

Chapitre 2: Le secret du Serpent

Je me suis dirigé vers le bureau de Louis, une pièce que je n’avais pas visitée depuis sa mort. Un léger parfum d’humidité flottait dans l’air. C’était l’odeur persistante de la tristesse.

J’ai passé la main sur le bureau en bois, cherchant une présence, un signe. Mes doigts ont rencontré un léger renfoncement sous le plateau. J’ai appuyé.

Un compartiment secret s’est ouvert, révélant quelques documents jaunis. Louis, mon intendant loyal, avait conservé un secret.

J’ai sorti des notes cryptiques, griffonnées à la hâte. Elles parlaient du « venin du serpent » et de « l’herbe qui endort ».

Une photo, en partie brûlée sur les bords, était glissée en dessous. C’était Émilie, ma cousine, se tenant devant la crypte ancestrale des Montaigne.

Elle tenait une plante spécifique dans sa main, ses feuilles distinctes malgré le dommage causé par le feu. J’ai senti une pointe glacée dans mon ventre.

Le lendemain matin, un léger grattement m’a réveillé. Une enveloppe anonyme avait été glissée sous ma porte.

À l’intérieur se trouvaient des coupures de journaux datant d’une dizaine d’années. Elles décrivaient la disparition mystérieuse d’un botaniste excentrique.

Cet homme était, selon les articles, le mentor du père d’Émilie et avait mené d’étranges recherches sur les plantes toxiques. Le passé de ma cousine commençait à s’entremêler avec les indices de Louis.

Chapitre 3: L’Écho des Légendes Oubliées

J’ai convoqué Maître Dubois dans mon bureau, la photo et les notes étalées devant lui. Son visage habituellement impassible affichait une légère perplexité.

« C’est une bien étrange découverte, Monsieur Gérard, » dit-il, ses yeux fins scrutant les documents.

Je lui ai montré la photo d’Émilie avec la plante. « Reconnaissez-vous cette plante, Maître ? »

Maître Dubois a froncé les sourcils. Il a sorti un vieux livre des archives familiales Montaigne, relié en cuir usé, et a feuilleté les pages.

« La Digitalis purpurea, » a-t-il murmuré, pointant une illustration.

« C’est ici surnommée l’« Herbe du Sommeil Éternel » dans nos vieilles légendes provinciales. » Il a levé les yeux vers moi.

« La tradition familiale, » a-t-il continué, « raconte qu’elle a été utilisée par des ancêtres pour éliminer des rivaux politiques. »

Il a ajouté, sa voix plus basse : « Mais uniquement par ceux qui avaient une connaissance intime des passages secrets du manoir. »

Un frisson m’a parcouru. La mort de Louis n’était pas un simple empoisonnement, mais une trahison calculée.

La plante sur la photo n’était pas un hasard, mais un symbole de leur cruauté. La trahison de Louis résonnait avec les sombres échos du passé Montaigne.

Chapitre 4: La Vision de Léa

L’innocence de Léa était un phare dans les ténèbres qui m’entouraient. Sa connexion aux “odeurs” me fascinait.

Je l’ai emmenée dans la vieille bibliothèque du manoir, une pièce rarement utilisée. La poussière dansait dans les rayons de lumière.

Léa a soudainement arrêté de jouer, ses yeux grands et fixés. Elle pointait du doigt.

Son petit doigt désignait une boîte à musique ancienne, posée sur une étagère obscure. Elle était couverte d’une épaisse couche de poussière.

« Ça sent… la terre. Et le… silence, » a-t-elle murmuré, sa voix résonnant étrangement.

J’ai attrapé la boîte, son poids familier dans mes mains. Je ne l’avais pas vue depuis des décennies.

En l’ouvrant, une mélodie ténue s’est échappée, à peine audible. Au fond, une petite figurine de serpent finement sculptée était posée.

Le serpent tenait une fiole minuscule et presque invisible, à peine plus grande qu’une graine de pavot. Une mèche de cheveux noirs était enroulée autour de sa base.

C’était une forme de cruauté perverse, un message caché à mes yeux. Un serpent empoisonneur était placé dans un jouet d’enfant.

Chapitre 5: Le Passé Ressurgi

Le téléphone a sonné quelques jours plus tard. C’était Julien Moreau, le journaliste.

Sa voix était directe, sans fioritures. « Monsieur de Montaigne, j’enquête sur de vieilles disputes foncières. »

Il m’a parlé des transactions historiques de ma famille. Son ton était neutre, mais je sentais son cynisme.

« J’ai déterré un vieil article, » a-t-il poursuivi. « Il concerne le père d’Émilie, votre cousine. »

Julien a expliqué que le père d’Émilie, réputé pour son intérêt pour les botaniques obscures, était lié à un héritage Montaigne important.

« Cet héritage, » a-t-il précisé, « dépendait de la survie de certains membres de la lignée. » Il a fait une pause significative.

« Votre nom, Monsieur Gérard, était le premier sur la liste. »

Un motif clair pour Émilie commençait à se dessiner, bien au-delà de la simple avidité. La ruine financière de son père, dont je savais qu’elle était l’œuvre d’Émilie, n’était qu’un volet d’une histoire plus complexe.

La photo d’Émilie et la plante, les notes de Louis, tout s’alignait maintenant. Sa haine était plus profonde que je ne l’avais imaginé.

Chapitre 6: Le Poison Lent

J’ai envoyé la fiole du serpent à mes contacts clandestins pour analyse. Les résultats sont arrivés deux jours plus tard.

Le rapport était succinct et précis. « Une variante à action lente du poison de l’Herbe du Sommeil Éternel, » était-il écrit.

Il était conçu pour simuler une insuffisance cardiaque naturelle sur plusieurs mois. Je n’avais aucun doute qu’il visait ma personne.

J’ai ensuite rencontré un médecin clandestin. Il a examiné les notes de Louis et mes propres symptômes.

« La fatigue, les étourdissements que vous ressentez ces dernières semaines, » a-t-il dit, son regard grave, « sont compatibles avec un empoisonnement léger et progressif. »

Il a levé un sourcil. « Vous avez eu beaucoup de chance que la petite fille ait détecté l’odeur. »

Je me suis rendu compte que chaque tasse de café, chaque gorgée de thé était une petite dose de mort. Émilie avait mis en scène ma propre dégradation.

La présence de la mèche de cheveux dans la fiole me rongeait. C’était une touche personnelle, une preuve de sa froide cruauté.

Chapitre 7: La Danse des Volontés

J’ai décidé de confronter Émilie de manière indirecte. Nous nous sommes rencontrés dans le salon, une froide formalité entre nous.

« Ma chère cousine, » ai-je commencé, « je me suis récemment intéressé aux anciens remèdes et aux purges de lignée de notre famille. »

Elle a ri, un son sec et dédaigneux. « Votre paranoïa, mon cher Gérard, est des plus charmantes. »

Son regard clair ne trahissait aucune émotion. Elle a écarté mes soupçons avec une facilité déconcertante.

Peu après notre discussion, Émilie a contacté Maître Dubois. Elle a insisté pour qu’il rédige de nouvelles clauses testamentaires pour moi.

Elle a affirmé vouloir « moderniser et protéger » l’héritage Montaigne. Mais je savais que ses intentions étaient tout autres.

En réalité, elle cherchait à accélérer son propre contrôle des actifs en cas d’« incapacité » de Gérard. Maître Dubois, aveugle à ses véritables intentions, a commencé à travailler sur les documents.

La façon dont elle utilisait l’honnête Maître Dubois comme un outil pour sa propre trahison était une autre forme de cruauté subtile. Elle ne se salissait même pas les mains.

Chapitre 8: La Clause Étrange

Quelques jours plus tard, Maître Dubois est venu me présenter les projets de testament. Il avait l’air un peu mal à l’aise.

« Monsieur Gérard, » a-t-il dit, posant les documents sur mon bureau, « il y a une clause qui me laisse perplexe. »

Il a pointé du doigt un paragraphe spécifique, ajouté à la demande expresse d’Émilie. Je l’ai lu attentivement.

La clause accorderait à Émilie un contrôle immédiat et presque total d’un fonds Montaigne significatif. Cela se produirait en cas de mon « incapacité ».

Elle contournerait ainsi toutes les procédures de succession habituelles. C’était une usurpation de pouvoir, déguisée en précaution.

« L’insistance d’Émilie sur cette formulation précise, » a noté Maître Dubois, « m’a semblé excessivement avantageuse pour elle. »

Il a haussé les épaules, attribuant cela à son sens aigu des affaires. Il ne soupçonnait pas la portée réelle de sa demande.

C’était une violation directe de la confiance familiale. Une clause qui m’offrait à la merci de ma propre cousine.

Chapitre 9: Le Serpent dans le Sang

La figurine du serpent dans la boîte à musique me hantait. Je savais que c’était plus qu’un simple ornement.

J’ai retrouvé un vieux journal de famille, caché dans une malle poussiéreuse. Ses pages étaient remplies d’illustrations de serpents.

C’était le « Serpent de Montaigne », un symbole récurrent dans notre lignée. Il représentait les trahisons internes.

Une entrée ancienne décrivait comment un ancêtre avait utilisé ce même poison à action lente. Il s’en était servi pour éliminer des rivaux.

Je me suis arrêté sur une phrase : « Le Registre des Doléances est le témoin silencieux des péchés de notre sang. »

Le « Registre des Doléances », un livre mentionné dans les légendes, mais que je n’avais jamais vu. Ce n’était pas un mythe.

La cruauté d’Émilie n’était pas une nouveauté. Elle s’inscrivait dans une tradition familiale macabre, celle des trahisons sanglantes.

Chapitre 10: Le Secret de Louis

J’ai rendu visite à Annelise et Léa dans leur petite maison sur la propriété. L’air y était plus léger.

« Annelise, » ai-je dit, « Louis vous a-t-il parlé d’une tâche particulière avant sa mort ? »

Elle a réfléchi, ses yeux se perdant dans le souvenir. « Oui, Monsieur Gérard. Émilie lui avait confié une tâche secrète. »

« Il s’agissait de vieux livres rares de la bibliothèque Montaigne, » a-t-elle ajouté.

Annelise a remarqué que Louis était devenu étrangement secret et nerveux après avoir effectué cette tâche. « Ce n’était pas dans ses habitudes. »

Elle se souvenait de son mari, toujours si franc et ouvert. Sa réticence était un signe.

« Il semblait préoccupé, » a-t-elle précisé. « Comme s’il avait découvert quelque chose de… dérangeant. »

Le mutisme de Louis après cette tâche était un aveu silencieux. C’était la preuve que Émilie l’avait entraîné dans ses machinations.

Son silence était une autre forme de sacrifice, une dernière preuve de sa loyauté, même au péril de sa vie.

Chapitre 11: Le Registre des Doléances

Léa, assise sur le sol du salon, dessinait tranquillement. Ses doigts traçaient des formes sur la feuille.

Elle a tendu le dessin vers moi. C’était un symbole, à peine perceptible. Un enchevêtrement de lignes et de points.

« Je l’ai vu là, » a-t-elle murmuré, pointant la feuille. « Ça brille un peu. »

Le symbole m’a guidé. Je me suis rendu dans la crypte familiale, un lieu que je connaissais mieux que ma propre main.

Derrière une pierre lâche, un mécanisme s’est activé. Une petite niche s’est révélée.

À l’intérieur, le « Registre des Doléances » m’attendait. Son cuir était patiné par les siècles.

Les pages étaient remplies de détails méticuleusement documentés sur les trahisons passées des Montaigne. Chaque ligne était une cicatrice de l’histoire.

Une entrée était codée, mais je l’ai reconnue : elle concernait la mort de Louis. Elle mentionnait également un compte bancaire secret ouvert par Émilie des années auparavant.

La découverte de ce registre était un coup au cœur. C’était la preuve tangible que ma famille avait une longue histoire de trahison et de cruauté.

Chapitre 12: L’Ombre du Passé

Les heures passaient, et je déchiffrais l’entrée codée concernant Louis. Chaque mot dévoilait une vérité amère.

Il avait découvert une preuve des manipulations financières d’Émilie. Une preuve qu’elle tentait de cacher.

Louis avait tenté de la confronter, croyant peut-être la raisonner. Il avait signé son propre arrêt de mort ce jour-là.

Émilie ne supportait pas d’être remise en question. Elle avait éliminé Louis pour son intrusion.

Je me suis rendu compte que le danger était plus profond que je ne l’imaginais. Émilie n’hésiterait pas à réitérer son crime.

Son plan n’était pas seulement de m’empoisonner, mais de purger quiconque se mettrait en travers de son chemin. Léa était aussi en danger.

La mort de Louis n’était pas seulement une tragédie personnelle. C’était un avertissement cruel, une ombre de ce qui m’attendait si je ne l’arrêtais pas.

Chapitre 13: La Dernière Partie d’Échecs

Le temps était compté. J’ai envoyé un message cryptique à Maître Dubois et à d’autres membres influents du conseil familial.

« Réunion d’urgence dans la salle de délibération secrète du manoir, ce soir, » ai-je écrit.

Je leur ai fait savoir que je détenais des preuves d’un empoisonnement lent. J’ai tu l’identité de l’auteur.

Je savais qu’Émilie, grâce à ses espions, serait mise au courant. Elle tenterait une dernière action.

C’était ma façon de la forcer à agir. Une partie d’échecs macabre était enclenchée.

Je me suis préparé pour la confrontation, l’esprit clair et le cœur lourd. La nuit serait longue.

J’ai ressenti un mélange étrange d’anticipation et de fatigue. La fin était proche, mais à quel prix ?

Chapitre 14: Le Rendez-vous Fatal

Émilie a intercepté mon message. Elle m’a confronté avant le conseil, son visage impassible.

« Gérard, » a-t-elle dit, sa voix pleine d’un faux calme, « votre paranoïa est vraiment déplaisante. »

Elle a juré qu’elle n’avait rien fait, son regard d’acier défiant le mien. Ses mains étaient serrées en poings.

J’ai observé son calme forcé, les micro-expressions trahissant sa tension. Elle était une actrice hors pair.

Je lui ai tendu une photocopie du testament original. « Ce soir, la vérité sera servie, » ai-je déclaré.

Un défi silencieux brillait dans mes yeux. Elle a plissé les siens, comprenant mon avertissement.

Elle était piégée, et nous le savions tous les deux. Le manoir semblait retenir son souffle.

Chapitre 15: La Lettre du Père

La réunion du conseil familial était tendue. Les visages étaient graves, les murmures étouffés.

J’ai révélé le « Registre des Doléances », son cuir usé témoin des secrets anciens. J’ai ouvert la page appropriée.

J’ai extrait une lettre scellée, cachée dans le registre. C’était l’écriture du père d’Émilie.

J’ai lu la lettre à voix haute, ma voix résonnant dans la pièce. Elle commençait par des regrets profonds.

« J’ai le regret d’avoir initié Émilie aux anciens savoirs de l’Herbe du Sommeil Éternel, » était-il écrit.

La lettre décrivait l’ambition impitoyable d’Émilie et son plan pour m’éliminer, moi et Léa. Ses mots étaient des lames.

Elle révélait la véritable raison de la haine d’Émilie : sa conviction que j’avais ruiné leur famille financièrement.

En réalité, j’avais orchestré une fausse ruine pour protéger son père d’un scandale bien pire. Émilie n’avait jamais connu cette vérité.

Émilie, pâle et tremblante, murmura, « J’ai déjà préparé une dose finale et fatale pour votre dîner, Gérard. »

« Elle est cachée dans votre bureau, » a-t-elle ajouté, un dernier acte de défi désespéré dans ses yeux.

Chapitre 16: Le Jugement Souterrain

Avant qu’Émilie ne puisse s’enfuir ou agir, la porte de la salle de délibération s’est ouverte. Maître Dubois est entré.

Il était accompagné d’autres membres loyalistes du conseil familial. Leurs visages étaient des masques de pierre.

Maître Dubois a brandi l’ancien pacte familial, un parchemin jauni. Il détaillait les peines pour trahison interne.

Émilie, prise au piège, a tenté de s’en prendre à moi, ses yeux injectés de sang. Elle s’est lancée vers moi.

Elle a été rapidement maîtrisée par les hommes du conseil. Ses protestations résonnaient dans les couloirs du manoir.

Ses cris étaient ceux d’une bête acculée, une bête qui venait de perdre tout ce qu’elle convoitait. Le silence est revenu.

Le conseil s’est réuni sans plus tarder. Le sort d’Émilie était scellé.

Chapitre 17: Le Goût de la Victoire Amère

Le conseil familial a délibéré rapidement, conformément aux anciens rites. La sentence est tombée.

Émilie a été déshéritée de tous ses biens. Elle était bannie à vie de la lignée Montaigne.

Exilée sans fortune, ses actifs ont été confisqués pour compenser les dommages. L’underworld s’assurerait qu’elle ne retrouve jamais richesse ou pouvoir.

J’ai observé, le visage marqué. Je ressentais une lassitude profonde.

Ce n’était pas la lassitude de la défaite, mais celle de la victoire. Le coût était immense.

Le manoir semblait plus silencieux, presque vide. Une partie de mon cœur s’était durcie, de façon irréversible.

La trahison d’Émilie avait laissé une cicatrice indélébile sur notre famille. Une cicatrice visible uniquement par moi.

Chapitre 18: Les Séquelles Invisibles

Les jours suivants ont été un rappel constant de l’empoisonnement lent. Des migraines lancinantes me frappaient.

Une fatigue chronique s’était installée, m’épuisant même après une nuit de sommeil. Mon corps portait les marques du complot d’Émilie.

J’avais également perdu mon goût pour le café. L’odeur même de ma boisson matinale me rappelait la mort.

Annelise et Léa sont restées au manoir, un réconfort silencieux. Leur présence était une ancre.

J’ai insisté pour qu’Annelise et sa fille déménagent dans une annexe plus sécurisée. Elle était loin des dangers.

Il fallait protéger Léa, l’héritière de ce don de prescience si particulier. Je ne pouvais plus risquer leur sécurité.

La trahison avait laissé des séquelles physiques et psychologiques. Mon monde, autrefois stable, était à jamais altéré.

Chapitre 19: L’Anniversaire Solitaire

Le jour de mon prochain anniversaire, je me suis assis seul dans mon bureau. Un verre de cognac à la main.

Le manoir était étrangement silencieux. Annelise et Léa étaient toujours dans l’enceinte, mais je n’avais pas célébré.

Je me suis levé et suis allé dans la pièce de Léa. Elle était là, concentrée sur sa peinture.

L’encre tachait ses petits doigts. Son attention était rivée sur sa tâche.

Je lui ai offert une petite figurine en bois que j’avais sculptée. C’était une colombe, un symbole de paix.

Je l’ai posée silencieusement sur sa table de chevet, sans un mot. Elle a levé les yeux, son regard rencontrant le mien.

Je suis retourné à mon bureau, le poids de la solitude pesant sur moi. Le véritable pouvoir ne réside pas dans la domination, mais dans la capacité à voir les ombres, même celles que votre propre sang projette.


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